L’EPFZ remplace l’évaluation humaine de la douleur animale par l’IA

Jeu 30.04.2026 

par Alexia Muanza

L’EPFZ a développé Grimace, un système de vision artificielle capable de détecter automatiquement les signes de douleur chez les souris de laboratoire. En standardisant l’analyse des expressions faciales et de la posture, cette technologie vise à améliorer le bien-être animal tout en réduisant la subjectivité des évaluations humaines.

Deux caméras surveillent dans le nouveau système Grimace. (Source: Oliver Sturman / ETH Zurich)

Des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) ont développé un système baptisé Grimace, capable de détecter automatiquement les signes de douleur chez les souris de laboratoire grâce à la vision artificielle et à l’apprentissage automatique. L’objectif est de standardiser l’évaluation du bien-être animal et de réduire la subjectivité des observations humaines.

Jusqu’ici, cette surveillance reposait principalement sur la Mouse Grimace Scale, une méthode d’évaluation manuelle dans laquelle différents signes de stress, comme les yeux plissés, la position des oreilles ou l’orientation des moustaches, sont notés sur une échelle de 0 à 2. Selon l’EPFZ, cette approche reste coûteuse, subjective et parfois imprécise.

Pour automatiser cette analyse, Grimace utilise deux caméras, une vue du dessus et une vue de face, placées dans une boîte standardisée filmant les souris dans l’obscurité grâce à un éclairage infrarouge. Les algorithmes analysent en temps réel les expressions faciales des rongeurs, mais aussi leur posture et leurs mouvements grâce à une caméra haute résolution qui suit différents points du corps.

Dans une étude publiée dans Lab Animal, l’équipe dirigée par Oliver Sturman, directeur du hub 3R de l’EPFZ, a testé le système sur des souris avant et après une opération du cerveau. Les résultats montrent que les évaluations automatiques concordent étroitement avec celles d’une experte humaine, tout en supprimant les variations subjectives entre différents évaluateurs.

«Ce qui manquait, c’était un système de bout en bout entièrement standardisé», explique Oliver Sturman. Le hub 3R applique les principes Replace, Reduce, Refine, qui visent à limiter l’utilisation d’animaux dans la recherche tout en améliorant leur bien-être.

L’ensemble du système, logiciel compris, est disponible sous forme de kit open source. Un dispositif Grimace a également été installé à l’EPFZ Phenomics Center afin d’en faciliter l’accès aux chercheurs.

Source : https://www.ictjournal.ch/news/2026-04-30/lepfz-remplace-levaluation-humaine-de-la-douleur-animale-par-lia